Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/209

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Bamboche se mit hardiment à l’eau, qu’il sondait avec sa baguette, à mesure qu’il s’avançait.

Il est impossible de dire notre joie en le voyant arriver à l’autre bord, ayant à peine de l’eau jusqu’à la ceinture.

— C’est tout sable fin comme du grès, — nous cria-t-il, — attendez-moi, je vais repasser. Moi et Martin nous te prendrons entre nos bras, Basquine… n’aie pas peur.

Ce qui fut dit, fut fait. Ce ruisseau avait au plus une quinzaine de pieds de large ; bientôt nous entrions joyeux dans l’île, gravissant les blocs de roches qui la couvraient presque entièrement, et du milieu desquels s’élançaient des chênes, des sapins, des châtaigniers gigantesques.

Sauf un petit sentier, à peine battu, que nous trouvâmes au bout de quelques instants, et qui serpentait à travers les blocs de grès, aucun chemin n’était tracé ; de hautes herbes sauvages croissaient abondamment dans quelques parties de terre végétale ; en dix minutes, notre sentier nous conduisit devant une masure inhabitée, sans porte ni fenêtres, et pourtant abandonnée depuis peu sans doute, car, du côté où nous arrivâmes, elle était entourée de quelques perches de terrain encore plantées de pommes de terre et de racines potagères ; plusieurs vieux poiriers, chargés d’une énorme quantité de fruits, étaient disséminées çà et là dans le petit potager, tandis qu’une superbe treille, couverte de grappes d’un pourpre violet, couvrait entièrement un des pignons de la masure.

Ne voyant, n’entendant personne, nous entrâmes dans cette masure composée de deux petites pièces,