Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/408

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vue de la lettre que je lui montrais, touchèrent sans doute le portier, il me répondit :

— Mon pauvre jeune homme, c’est bien malheureux, en effet… je vous plains, mais à cela je ne peux rien… il faut attendre quelques jours… Si vous étiez si fort recommandé à feu Monsieur, Madame fera peut-être quelque chose pour vous… mais, quant à présent, vous comprenez qu’il n’y a pas moyen de parler de rien à Madame, au moment où elle vient de faire une perte pareille… il faut patienter quelque temps.

— Patienter… Monsieur !… — m’écriai-je avec amertume, — je vous l’ai dit, je ne connais personne à Paris… je n’ai aucune ressource…

— Je n’y puis rien, mon pauvre jeune homme ; revenez dans une quinzaine de jours ; peut-être alors pourrez-vous voir Madame, — me répondit le portier en me reconduisant peu-à-peu vers la porte, qu’il referma sur moi.

Dans une complète ignorance des usages de Paris, et absorbé par la pensée de mon entrevue avec M. de Saint-Étienne, j’avais laissé à la porte de l’hôtel le fiacre dont je m’étais servi, et dans lequel se trouvait mon petit paquet.

— C’est donc à l’heure que nous marchons, bourgeois ? — me dit le cocher lorsque la porte de l’hôtel de M. de Saint-Étienne se fut refermée sur moi. — Heureusement, j’ai regardé ma montre aux messageries, il était deux heures vingt-cinq… Où allons-nous, bourgeois ?

Je ne compris pas la signification de ces paroles du cocher : Nous marchons à l’heure… paroles que je ne