Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/417

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nuit… Le propriétaire a été forcé d’aller chercher la garde pour le faire sortir d’ici, ce bandit-là, et il avait pris les plus belles chambres du premier, s’il vous plaît ! Brigand d’Italien, va… je me souviendrai de toi…

Le contraste continuait. Il y avait autant de différence entre les souvenirs que Bamboche me paraissait avoir laissés dans cette maison, qu’entre l’apparence de cette demeure et de celle que je venais de quitter. L’illusion du beau-père, grand d’Espagne, du riche mariage, un moment caressée par moi, s’évanouit comme un songe ; et je rougis de n’avoir pas tout d’abord apprécié, comme elles devaient l’être, ces hâbleries effrontées de mon ami d’enfance.

Peu désireux de continuer l’entretien, je dis à cette femme :

— Pourriez-vous, Madame, m’enseigner où le capitaine demeure maintenant ?

— Je ne suis pas votre servante, — me répondit grossièrement cette femme, — cherchez ce bandit où vous voudrez.

Cette réponse m’effraya ; mon seul, mon dernier espoir était de rencontrer Bamboche. Quelle que fût la position où il se trouvât, j’étais assez sûr de moi pour ne pas craindre sa mauvaise influence, et j’avais assez foi dans son amitié, et, il faut le dire, dans son intelligence remplie de ressources, pour croire qu’il m’aiderait à sortir, même honorablement, de la déplorable extrémité où j’étais acculé.