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CHAPITRE V.


suite de la lettre de léonidas requin.


» Je vous l’ai dit, mon cher Martin, M. Raymond triomphait en moi, et triomphait fructueusement : les élèves affluaient chez lui, mes succès obstinés avaient une petite part dans cette affluence ; mais les triomphes de M. Raymond étaient mêlés de quelques soucis.

» Je finissais alors ma rhétorique. Depuis le jour funeste où je m’étais caché à quatre pattes sous ma banquette, afin d’échapper à mon couronnement, jamais ni mon père, ni mes professeurs, ni M. Raymond, ni même M. le proviseur, n’avaient pu vaincre mon opiniâtre et négative résolution à l’endroit d’une ovation publique, avec accompagnement de fanfares et d’accolades ministérielles, épiscopales, municipales et autres.

» D’un côté, ma modestie obstinée satisfaisait M. Raymond ; car si, par mes succès, j’étais le plus illustre représentant de sa maison, j’aurais été, physiquement parlant, le plus piètre, le plus grotesque représentant de son institution, et, en toute circonstance, le ridicule est toujours dangereux.