Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/150

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LA CHANSON DE L'AIR


 
À l’Air, le dieu puissant qui soulève les ondes
             Et fouette les hivers,
À l’Air, le dieu léger qui rend les fleurs fécondes
             Et sonores les vers,
Salut ! C’est le grand dieu dont la robe flottante
             Fait le ciel animé ;
Et c’est le dieu furtif qui murmure à l’amante :
             « Voici le bien-aimé. »
C’est lui qui fait courir le long des oriflammes
             Les frissons belliqueux,
Et qui fait voltiger sur le cou blanc des femmes
             Le ruban des cheveux.
C’est par lui que les eaux vont en lourdes nuées
             Rafraîchir les moissons,