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HISTOIRE DES CANADIENS-FRANÇAIS

de convoi de France, et encore le ministre se fâcha-t-il bien fort en apprenant qu’on avait osé acheter des provisions chez les Anglais !

Les seigneuries concédées de 1691 à 1697 sont les suivantes : 1691, à Marie-Françoise Chartier de Lotbinière, veuve du sieur de Marson, commandant de l’Acadie, une terre près celle de Damours des Chauffours, vis-à-vis Jemsec ; à Jean Meunier, « qui a été pillé par les Anglais et désire s’établir en lieu sûr, » Maricadeouy, environ cinq lieues au-dessous de Pesmoncady tirant vers le nord-est ; à Mathieu De Goutin, écrivain du roi et lieutenant général en Acadie, Mouscoudabouet. 1693, à Paul d’Ailleboust de Périgny, l’île du Grand Menane, à l’entrée de la baie Française ; à Philippe Esnault, habitant de Nipisiguit, la rivière Pocmouche, avec la concession de Delgrais ou De Grèz. 1695, à Bernard D’Amours des Plaines, la rivière Canibeckechiche, affluent du fleuve Saint-Jean ; à Mathieu de Goutin, la pointe aux Chênes, fleuve Saint-Jean ; à Michel Chartier, habitant de l’Acadie, la rivière Descoudet. 1696, à George Renard sieur Duplessis, commis en ce pays de M. Lubert, trésorier général de la marine, la baie de Cocagne ; à René Hubert, la rivière du Pabo ou rivière Duval, baie des Chaleurs ; à René Deneau ou Deniau, le port Daniel, baie des Chaleurs. 1697, à Charles Denys de Vitré, conseiller au conseil souverain, la rivière Articogneth, tirant vers la concession du sieur Noël, baie des Chaleurs ; au sieur Outlas (Jean Outlan ?) depuis la rivière Articougneth, tirant vers le petit passage de Canceaux ; à Mathieu de Lino, marchand de Québec, vis-à-vis l’île Saint-Jean, sur la côte de l’Acadie, depuis la concession du sieur Duplessis, trésorier de la marine, dans la baie et la rivière de Cocagne, tirant vers M. de la Vallière ; à Paul Dupuy, lieutenant particulier de la prévôté de Québec, à côté des sieurs Lino et La Vallière ; à Marc-Antoine de Cottentré, lieutenant aux troupes de la marine, depuis le sieur Outlas, tirant vers le petit passage de Canceaux ; à Barthelemy-François Bourgonnière sieur de Hautteville, secrétaire de M. de Frontenac, entre Pentagoët et le fleuve Saint-Jean, au-dessous d’Adouaquet et remontant au nord au-dessus de Nesquet — ce fief sera nommé Villeclaire ; au sieur Le Gardeur, lieutenant aux troupes de la marine, à commencer à la rivière Quiquischeoubegouet, borne du sieur de la Vallière, jusqu’à la rivière du Memehec — ce fief sera nommé Tilly ; à Charles Genaples, sieur de Vilrenard, depuis la seigneurie de Menouat jusqu’à la rivière Skouteopkek, fleuve Saint-Jean ; au sieur de la Croix (la Grois ?) la rivière Bonaventure, tirant d’un côté vers Quisquaperiac et de l’autre vers Papériac, baie des Chaleurs ; à Jacques Cochu, la Grande-Rivière, depuis le Grand Pabo appartenant à René Hubert, tirant vers le cap Espoir, vers l’île Percée.

Beaubassin renfermait trente ménages en 1698 et possédait un prêtre résidant[1], M. Trouvé, ainsi qu’un récollet, M. Noinville qui évangélisait les sauvages à l’ouest de la baie Française. C’est dans cette direction que se dirigea (1698) un Acadien, Pierre Thibaudeau, qui fonda Chipody, nouveau centre d’où partirent les familles qui se sont répandues dans le

  1. Plusieurs autres prêtres et religieux sont mentionnés en Acadie, de 1670 à 1713.