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hélène swarth.

VIII.

AUTREFOIS.


Nous étions autrefois, quand tu m’aimais encore,
Deux enfants ingénus qui se donnaient la main,
Ravis de la rosée, éblouis de l’aurore,
Écoutant les oiseaux, tout le long du chemin.

Sous bois et dans les blés que l’été joyeux dore,
Nous allions, sûrs de nous et sûrs du lendemain.
Tu disais : — « Je vous aime ! » et moi : — « Je vous adore ! »
Nous nous baisions la bouche, en cueillant du jasmin.

— « L’automne », disais-tu, « détruira le feuillage,
En tonnant de colère en un suprême orage,
Mais nous aurons l’abri de notre cher foyer. »

Et dans le cher foyer dont j’attisais la flamme
Sont tombés tant de pleurs dont tu comblais mon âme
Que j’ai vu dans les pleurs la flamme se noyer.