Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/139

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quer les livres, car Glumdalclitch m’avait donné des leçons chez son père, et aux heures de loisir pendant notre voyage : elle portait un petit livre dans sa poche un peu plus gros qu’un volume d’atlas, livre à l’usage des jeunes filles, et qui était une espèce de catéchisme en abrégé ; elle s’en servait pour m’enseigner les lettres de l’alphabet, et elle m’en interprétait les mots.


CHAPITRE III.

L’auteur mandé pour se rendre à la cour, la reine l’achète et le présente au roi. — Il dispute avec les savans de sa majesté. — On lui prépare un appartement. — Il devient favori de la reine. — Il soutient l’honneur de son pays. — Ses querelles avec le nain de la reine.

Les peines et les fatigues qu’il me fallait essuyer chaque jour apportèrent un changement considérable à ma santé ; car, plus mon maître gagnait, plus il devenait insatiable. J’avais perdu entièrement l’appétit, et j’étais presque devenu un squelette. Mon maître s’en aperçut ; et, jugeant que je mourrais bientôt, résolut de me faire valoir autant qu’il pourrait. Pendant qu’il raisonnait de cette façon, un slardral, ou écuyer