Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/161

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CHAPITRE IV.

Différentes inventions de l’auteur pour plaire au roi et à la reine. — Le roi s’informe de l’état de l’Europe, dont l’auteur lui donne la relation. — Les observations du roi sur cet article.

J’avais coutume de me rendre au lever du roi une ou deux fois par semaine, et je m’y étais trouvé souvent lorsqu’on le rasait ; ce qui, au commencement, me faisait trembler, le rasoir du barbier étant près de deux fois plus long qu’une faux. Sa majesté, selon l’usage du pays, n’était rasée que deux fois par semaine. Je demandai une fois au barbier quelques poils de la barbe de sa majesté. M’en ayant fait présent, je pris un petit morceau de bois, et, y ayant fait plusieurs trous à une distance égale avec une aiguille, j’y attachai les poils si adroitement, que je m’en fis un peigne, ce qui me fut d’un grand secours, le mien étant rompu et devenu presque inutile, et n’ayant trouvé dans le pays aucun ouvrier capable de m’en faire un autre.

Je me souviens d’un amusement que je me procurai vers le même temps. Je priai une des