Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/222

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ce que je fis ; et alors, l’île volante s’étant abaissée à un degré convenable, on me jeta de la terrasse d’en bas une chaîne avec un petit siége qui y était attaché, sur lequel m’étant assis, je fus dans un moment enlevé par le moyen d’un moufle.


CHAPITRE II.

Caractère des Laputiens ; idée de leurs savans, de leur roi et de sa cour. — Réception qu’on fait à l’auteur. — Les craintes et les inquiétudes des habitans. — Caractère des femmes laputiennes.

À mon arrivée, je me vis entouré d’une foule de peuple qui me regardait avec admiration, et je regardai de même, n’ayant encore jamais vu une race de mortels si singulière dans sa figure, dans ses habits et dans ses manières : ils penchaient la tête tantôt à droite, tantôt à gauche : ils avaient un œil tourné en dedans, et l’autre vers le ciel. Leurs habits étaient bigarrés de figures du soleil, de la lune et des étoiles, et parsemés de violons, de flûtes, de harpes, de trompettes, de guitares, de luths et