Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/243

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à la ville et à la campagne pour les rebâtir à la mode, et détruire tout son palais pour le rendre conforme au goût moderne ; mais qu’il craignait pourtant de passer pour ambitieux, pour singulier, pour ignorant et capricieux, et peut-être de déplaire par là aux gens de bien ; que je cesserais d’être étonné quand je saurais quelques particularités que j’ignorais.

Il me dit que depuis environ quatre ans certaines personnes étaient venues à Laputa, soit pour leurs affaires, soit pour leur plaisir, et qu’après cinq mois elles s’en étaient retournées avec une très-légère teinture de mathématiques, mais pleines d’esprits volatils recueillis dans cette région aérienne ; que ces personnes, à leur retour, avaient commencé à désapprouver ce qui se passait dans le pays d’en bas, et avaient formé le projet de mettre les arts et les sciences sur un nouveau pied ; que pour cela elles avaient obtenu des lettres patentes pour ériger une académie d’ingénieurs, c’est-à-dire de gens à systèmes ; que le peuple était si fantasque, qu’il y avait une académie de ces gens-là dans toutes les grandes villes ; que, dans ces académies ou colléges, les professeurs avaient trouvé de nouvelles méthodes pour l’agriculture et l’architecture, et de nouveaux instrumens et outils pour tous les métiers et manufactures, par le