Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/294

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pu savoir sûrement si cette matière a été traitée dans leurs livres. Quelque Hollandais pourra un jour nous apprendre ce qu’il en est.

Le roi de Luggnagg m’ayant souvent pressé, mais inutilement, de rester dans ses États, eut enfin la bonté de m’accorder mon congé, et me fit même l’honneur de me donner une lettre de recommandation, écrite de sa propre main, pour sa majesté l’empereur du Japon. En même temps, il me fit présent de quatre cent quarante-quatre pièces d’or, de cinq mille cinq cent cinquante cinq petites perles, et de huit cent quatre-vingt-huit mille huit cent quatre-vingt-huit grains d’une espèce de riz très rare. Ces sortes de nombres qui se multiplient par dix plaisent beaucoup en ce pays-là.

Le 6 de mai 1709 je pris congé en cérémonie de sa majesté, et dis adieu à tous les amis que j’avais à sa cour. Ce prince me fit conduire par un détachement de ses gardes jusqu’au port de Glanguenstald, situé au sud-ouest de l’île. Au bout de six jours je trouvai un vaisseau prêt à me transporter au Japon ; je montai sur ce vaisseau, et notre voyage ayant duré cinquante jours, nous débarquâmes à un petit port nommé Xamoski, au sud-ouest du Japon.

Je fis voir d’abord aux officiers de la douane la lettre dont j’avais l’honneur d’être chargé de