Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/36

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CHAPITRE II.

L’empereur de Lilliput, accompagné de plusieurs de ses courtisans, vient pour voir l’auteur dans sa prison. — Description de la personne et de l’habit de sa Majesté. — Gens savans nommés pour apprendre la langue à l’auteur. Il obtient des grâces par sa douceur. — Ses poches sont visitées.

L’empereur, à cheval, s’avança un jour vers moi ; ce qui pensa lui coûter cher : à ma vue, son cheval, étonné, se cabra ; mais ce prince, qui est un cavalier excellent, se tint ferme sur ses étriers jusqu’à ce que sa suite accourût et prît la bride. Sa majesté, après avoir mis pied à terre, me considéra de tous côtés avec une grande admiration, mais pourtant se tenant toujours, par précaution, hors de la portée de ma chaîne.

L’impératrice, les princes et princesses du sang, accompagnés de plusieurs dames, s’assirent à quelque distance dans des fauteuils. L’empereur est plus grand qu’aucun de sa cour, ce qui le fait redouter par ceux qui le regardent ; les traits de son visage sont grands et mâles, avec une lèvre d’Autriche et un nez aquilin : il