Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/386

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Je ne veux pas oublier d’observer ici que les Houyhnhnms n’ont point de terme dans leur langue pour exprimer ce qui est mauvais, et qu’ils se servent de métaphores tirées de la difformité et des mauvaises qualités des yahous : ainsi lorsqu’ils veulent exprimer l’étourderie d’un domestique, la faute d’un de leurs enfans, une pierre qui leur a offensé le pied, un mauvais temps, et autres choses semblables, ils ne font que dire la chose dont il s’agit, en y ajoutant simplement l’épithète d’yahou. Par exemple, pour exprimer ces choses, ils diront hhhm yahou, whnaholm yahou, ynlhmndwihlma yahou ; et pour signifier une maison mal bâtie, ils diront ynholmhnmrohlnw yahou.

Si quelqu’un désire en savoir davantage au sujet des mœurs et usages des Houyhnhnms, il prendra, s’il lui plaît, la peine d’attendre qu’un gros volume in-quarto que je prépare sur cette matière soit achevé. J’en publierai incessamment le prospectus, et les souscripteurs ne seront point frustrés de leurs espérances et de leurs droits. En attendant, je prie le public de se contenter de cet abrégé, et de vouloir bien que j’achève de lui conter le reste de mes aventures.