Page:TMI - Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international, vol. 1, 1947.djvu/316

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nonça en commémoration de la tentative de putsch entreprise par les nationaux-socialistes, quatre ans auparavant, il célébra les étapes qui avaient abouti à l’Anschluss et justifia l’occupation de l’Autriche par l’Allemagne.

Pendant l’été 1938, Hess fut en rapports suivis avec Henlein, chef du parti allemand des Sudètes en Tchécoslovaquie. Le 27 septembre 1938, au moment de la crise de Munich, il s’entendit avec Keitel pour exécuter les instructions de Hitler visant à faire fonctionner le mécanisme du parti nazi en vue d’une mobilisation secrète. Le 14 avril 1939, Hess signa un décret incorporant au Reich le territoire de Sudètes, et une ordonnance du 10 juin 1939 prévoyant sa participation à l’administration de ce territoire. Le 7 novembre 1938, Hess avait intégré dans le parti nazi allemand le parti de Henlein, et avait déclaré, dans un discours, que Hitler n’aurait pas hésité à s’emparer du pays des Sudètes par la force, si les circonstances l’avaient exigé. Le 27 août 1939, l’attaque contre la Pologne ayant été provisoirement ajournée dans l’espoir de persuader la Grande-Bretagne d’abandonner la garantie donnée par elle à ce pays, Hess vanta publiquement « l’offre magnanime » de Hitler à la Pologne et accusa cette dernière d’agitation belliciste, attitude dont l’Angleterre, selon lui, était responsable. Après l’invasion de la Pologne, Hess signa des décrets qui incorporaient au Reich Dantzig et certains territoires polonais et créaient le Gouvernement Général.

Ces mesures, prises par l’accusé pour soutenir les plans d’agression de Hitler, ne montrent pas encore toute l’étendue de sa responsabilité. Jusqu’à sa fuite en Angleterre, Hess fut le confident personnel le plus intime du Chancelier du Reich et, à ce titre, fut certainement au courant des plans d’agression dès leur conception. Il favorisa l’exécution de ces plans, chaque fois que cela fut nécessaire.

Il partit pour l’Angleterre avec certaines propositions de paix que, d’après lui, Hitler considérait comme acceptables. Il est significatif que ce voyage ait eu lieu dix jours seulement après que Hitler eut fixé au 22 juin 1941 la date de l’attaque contre l’Union Soviétique. Dans les entretiens qu’il eut après son arrivée en Grande-Bretagne, Hess soutint avec ardeur tous les actes d’agression commis jusqu’à ce moment et essaya de justifier l’attitude de l’Allemagne vis-à-vis de l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Norvège, le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas. Il accusa l’Angleterre et la France d’être responsables de la guerre.


Crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.

D’après certaines preuves soumises au Tribunal, la Chancellerie du Parti aurait, sous la direction de Hess, participé à la transmission des ordres relatifs à la perpétration des crimes de guerre, et Hess