Page:TMI - Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international, vol. 1, 1947.djvu/338

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« Une expédition punitive doit se faire en Russie contre les Juifs, qui leur réservera le même sort que celui auquel doit s’attendre tout meurtrier et tout criminel : condamnation à mort et exécution. Les Juifs de Russie doivent être tués. Ils doivent être extirpés et exterminés. »

La guerre ayant amené d’abord l’acquisition par le Reich de territoires de plus en plus vastes, Streicher redoubla d’efforts pour exciter partout les Allemands contre les Juifs. Vingt-six articles du Stürmer, parus entre le mois d’août 1941 et le mois de septembre 1944, figurent au dossier. Douze de ces articles, signés par Streicher, réclament l’anéantissement et l’extermination en termes non équivoques. Le 25 décembre 1941, il écrivait :

« Si le danger de voir se réaliser la malédiction divine que constitue le sang juif doit être évité, il n’y a qu’un moyen pour y parvenir ; l’extermination de ce peuple dont le père est le diable. »

Et en féyrier 1944, il affirmait dans un article signé de lui :

« Quiconque agit comme un Juif est une canaille, un criminel, celui qui répète ce que dit un Juif ou veut l’imiter mérite le même sort que ce dernier : l’extermination, la mort. »

Quand il fut informé de la disparition des Juifs des territoires de l’Est, l’accusé continua, par ses articles, à poursuivre sa propagande meurtrière. Au cours de sa déposition devant le Tribunal, il a nié avec véhémence avoir jamais eu connaissance des exécutions massives de Juifs. Mais les preuves produites indiquent clairement qu’il était tenu régulièrement au courant des progrès de la « solution définitive ». Le photographe de son journal fut envoyé en mission au printemps de 1943 pour visiter les ghettos de l’Est, au moment même de la destruction de celui de Varsovie. Le journal juif Israelitisches Wochenblatt, que Streicher recevait et lisait, publiait dans chaque numéro des bulletins relatifs aux atrocités commises dans l’Est ; ce journal donnait des comptes rendus indiquant le nombre des Juifs qui avaient été déportés et tués. Par exemple, certains numéros, publiés au cours de l’été et de l’automne de l’année 1942, signalèrent la mort de soixante-douze mille sept cent vingt-neuf Juifs à Varsovie, de dix-sept mille cinq cent quarante-deux à Lodz, de dix-huit mille en Croatie, de cent vingt-cinq mille en Roumanie, de quatorze mille en Lettonie, de quatre-vingt-cinq mille en Yougoslavie et de sept cent mille dans toute la Pologne. En novembre 1943, Streicher cita textuellement un article de l’Israelitisches Wochenblatt qui affirmait que les Juifs avaient effectivement disparu d’Europe ; il ajouta en commentaire : « Ceci n’est pas un mensonge juif ». En décembre 1942, Streicher, faisant allusion à un article paru dans le London Times relatif aux