Page:TMI - Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international, vol. 1, 1947.djvu/339

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atrocités et aux exterminations, souligna que Hitler avait averti que la deuxième guerre mondiale amènerait la destruction des Juifs. En janvier 1943, il publia un article indiquant que la prédiction de Hitler était en cours de réalisation, que l’on était en train d’éliminer la juiverie mondiale, et qu’il était merveilleux d’apprendre que Hitler libérait le monde de ses bourreaux juifs.

Streicher ne peut guère prétendre, en présence de ces preuves, que la solution préconisée par lui était limitée au classement des Juifs parmi les étrangers et à l’institution d’une législation d’exception, comme les lois de Nuremberg ; d’après lui, ces dispositions seraient complétées, si possible, par un accord international créant, en un lieu quelconque, un État juif vers lequel tous les Israélites devraient émigrer.

Le fait que Streicher poussait au meurtre et à l’extermination, à l’époque même où, dans l’Est, les Juifs étaient massacrés dans les conditions les plus horribles, réalise « la persécution pour des motifs politiques et raciaux » prévue parmi les crimes de guerre définis par le Statut, et constitue également un crime contre l’Humanité.


Conclusion.

Le Tribunal déclare :

Que l’accusé Streicher n’est pas coupable des crimes visés par le premier chef de l’Acte d’accusation ;

Que l’accusé Streicher est coupable des crimes visés par le quatrième chef de l’Acte d’accusation.


FUNK.

Funk est inculpé des crimes visés par les quatre chefs de l’Acte d’accusation. Ancien journaliste spécialisé dans les questions financières, il adhéra au parti nazi en 1931 et, peu après, devint l’un des conseillers particuliers de Hitler pour les affaires économiques. Le 30 janvier 1933, il fut nommé chef de la Presse dans le Gouvernement du Reich, devint, le 11 mars, sous-secrétaire d’État au ministère de la Propagande puis, peu après, commença à jouer un rôle prépondérant dans les différentes organisations nazies dont le but était de contrôler la presse, le cinéma et les maisons d’éditions littéraires et musicales. Dès le début de 1938, il assuma les fonctions de ministre de l’Économie nationale et de plénipotentiaire général pour l’Économie de guerre, puis celles de président de la Reichsbank en janvier 1939 ; dans ces trois postes, il succédait à Schacht. En août 1939, il fut nommé membre du Conseil des ministres pour la Défense du Reich, et en septembre 1943, membre du Comité central du Plan.