Page:Tagore - L’Offrande lyrique.djvu/167

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XCV


Je n’ai pas eu conscience du moment où, d’abord, j’ai franchi le seuil de cette vie.

Quel fut le pouvoir qui m’a fait éclore à ce vaste mystère, comme une fleur s’ouvre à minuit dans la forêt ?

Lorsqu’au matin mes yeux se sont ouverts à la lumière, j’ai aussitôt senti que je n’étais pas un étranger sur cette terre et que, sous la forme de ma mère, l’inconnaissable sans forme et sans nom m’embrassait.

Ainsi de même, dans la mort, le même inconnu m’apparaîtra comme si je l’avais connu toujours. Et parce que j’aime cette