Page:Taine - Les Origines de la France contemporaine, t. 3, 1909.djvu/185

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CHAPITRE I

L’Assemblée constituante. — Conditions requises pour faire de bonnes lois. — I. Ces conditions manquent dans l’Assemblée. — Causes de désordre et de déraison. — La salle. — Multitude des députés. — Intervention des galeries. — Règlement nul, mauvais ou violé. — Point de chefs parlementaires. — Sensibilité et surexcitation de l’Assemblée. — Ses accès d’enthousiasme. — Son goût pour les émotions. — Elle encourage les exhibitions théâtrales — Altérations que ces parades introduisent dans son bon sens. — II. Insuffisance de ses lumières. — Sa composition. — Condition sociale et préparation intellectuelle du plus grand nombre. — Leur incapacité. — Leur présomption. — Conseils inutiles des hommes compétents. — Adoption de la politique déductive. — Les partis. — La minorité. — Ses fautes. — La majorité. — Son dogmatisme. — III. Ascendant du parti révolutionnaire. — La théorie est pour lui. — Contrainte qu’elle exerce sur les esprits. — Appel qu’elle fait aux passions. — La force brutale est pour lui. — Il l’organise à son profit. — Oppression de la minorité. — IV. Refus de fournir le ministère. — Conséquences de cette faute. — Méconnaissance de la situation. — Comité des recherches. — Alarmes perpétuelles. — Effets de l’ignorance et de la peur sur l’œuvre de l’Assemblée constituante.

S’il est au monde une œuvre difficile à faire, c’est une constitution, surtout une constitution complète. Remplacer les vieux cadres dans lesquels vivait une grande