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LA RÉVOLUTION


les anciens sacripants de Henriot, il y a huit ou neuf mille soldats de l’armée régulière, et Bonaparte ; ses canons, qui enfilent la rue Saint-Honoré et le quai Voltaire, jettent bas cinq ou six cents sectionnaires ; le reste se disperse, et désormais, contre la faction jacobine, quoi qu’elle fasse, les Parisiens matés ne reprendront plus leurs fusils.

III

Voilà derechef l’autorité suprême aux mains de la coterie révolutionnaire. — Conformément à ses décrets de fructidor, elle oblige d’abord les électeurs à prendre dans la Convention les deux tiers des nouveaux représentants, et comme, malgré ses décrets, les assemblées électorales n’ont point réélu assez de conventionnels, elle nomme elle-même, sur une liste fabriquée par son Comité de Salut public, les cent quatre qui manquent : de cette façon, au Conseil des Cinq-Cents comme au Conseil des Anciens, dans les deux chambres du Corps législatif, elle se fait une majorité certaine. Au pouvoir exécutif, dans le Directoire, elle s’assure l’unanimité ; car, par une adroite confection des listes, les Cinq-Cents

    bataillons des sections fidèles, que l’on venait annoncer à la Convention avec étalage ; nulle section n’envoya ses bataillons, à la réserve de celle des Quinze-Vingts, qui, dès l’origine, s’était séparée des quarante-sept autres. — Le jardin et les cours des Tuileries ressemblaient à un camp de bombance, où les Comités faisaient distribuer des flots de vin et des comestibles en tout genre ; nombre de leurs défenseurs étaient ivres ; on maintenait la troupe de ligne à force d’argent et de boisson. » — Après le 13 Vendémiaire, la Convention fait encore entrer, pour contenir Paris, un renfort de troupes de ligne, huit ou neuf mille hommes.