Page:Tamizey de Larroque - Denis Guillemain à Bordeaux.djvu/5

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Depuis, renvoyant nostre voiturier de Tolose, je vous ay escrit par luy du xviii de feubvrier vous donnant compte du temps que nous avons demeuré en chemin d’Aix à Tolose, et de ce qu’en passant j’ay negotié à Besiers et Narbonne, ou icy. Je [sic pour j’ay] salué et parlé de vostre part à Mr de Narbonne[1] luy faisant plainte de ce qu’on despessoit plusieurs belles inscriptions antiques, qui se retrouvoyent dans Narbonne, à la protection desquelles j’appris à l’heure mesme qu’un bourgeois de Narbonne nomme Mr Garrigues travailloit fort soigneusement depuis huict ou dix ans[2].

Estant à Besiers, je vis Mr de Maussac[3], qui après m’avoir tout plein tesmoigné combien il vous honoroit et cherissoit, il m’asseura qu’au retour de nostre voiturier, il ne manqueroit point de vous escrire, et vous remercier d’un exemplaire des œuvres de feu Mr du Vair[4] qu’on luy a rendeu de vostre part, sans nul autre pour Mr Maran[5].

Par cette mesme voye je vous ay aussy envoyé un extraict du grand vase Egyptien de Mr le chanoine Maran, aux discours duquel je n’ay pas recogneu qu’il eust envye de se desfaire de ce vase, ny moins qu’il pensast d’en obliger un

  1. Claude de Rebé, qui siégea de février 1628 à mars 1659.
  2. Honneur à cet intelligent et zélé protecteur des inscriptions de Narbonne tant appréciées par Joseph Scaliger avant d’être tant appréciées par Peiresc ! Tous les épigraphistes, tous les archéologues doivent à jamais bénir le nom de Pierre Garrigues, ingénieur royay, consul de Narbonne, etc. (Voir Lettres de Peiresc aux frères Dupuy, t. I, p. 515, note 3.) J’ai eu le plaisir de publier une lettre de Garrigues à Peiresc dans un petit recueil de Billets languedociens inédits extraits de la Méjanes (Toulouse, 1891).
  3. Le grand helléniste Jacques-Philippe de Baderon de Maussac figure souvent dans les Lettres de Peiresc ; il figurera aussi dans la galerie des correspondants de mon héros.
  4. On sait que Peiresc avait présidé avec un soin pieux à l’édition des œuvres de son intime ami le garde des sceaux Guillaume du Vair (Paris, 1625, in-f°).
  5. Ce professeur de Toulouse et l’archidiacre Maran, qui va être nommé un peu plus loin, étaient fils du docte jurisconsulte Guillaume Maran, né à Toulouse en 1549, mort dans la même ville en 1621.