Page:Tardivel - La Langue française au Canada, 1901.djvu/51

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
17
AU CANADA

ignorer que la langue française s’est conservée intacte au Canada.

Je me souviendrai toujours de la première nuit que j’ai passée sur la terre de France. C’était en octobre 1888. J’étais débarqué à Calais, et je m’étais proposé de coucher le soir même à la Chartreuse de Notre-Dame-des-Prés. Mais, arrivé à la petite ville de Montreuil-sur-Mer, je constatai que les portes du monastère seraient fermées avant qu’il me fût possible de m’y rendre. Il me fallut donc passer la nuit à Montreuil. Je me fis conduire au premier hôtel venu. Je tombai dans une maison fréquentée par des commis voyageurs, très proprement tenue, du reste. Le commis voyageur français ! Son confrère du Canada, par comparaison, est muet comme la tombe. Quel vacarme au dîner, présidé par le maître d’hôtel ! Au cours du repas, je ne sais trop comment, je réussis à placer quelques mots. Je fis voir aussi que j’avais compris certains calembours