Page:Textes choisis (Leonardo da Vinci, transl. Péladan, 1907).djvu/309

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avec regret l’endroit qu’elle avait quitté, ce lieu de la solitude et de la tranquille paix.

Cela arrive à ceux qui veulent sortir de la vie solitaire et contemplative pour venir habiter dans la ville, parmi le peuple, parmi d’infinis maux. (CA. 172, v.)

L’EAU.

538. — Se trouvant dans la superbe mer, son élément, l’eau vient à ambitionner de s’élever au-dessus de l’air, et aidée par le feu élémentaire elle monta en subtile vapeur et parut aussi subtile que l’air. En s’élevant elle atteint une zone plus subtile et plus froide où le feu l’abandonne et les petits grains restreints déjà s’unissent et se font pesants et en tombant l’orgueilleuse coule. Elle tombe du ciel : elle fut la bienvenue pour la terre sèche où absorbée pour longtemps elle fit pénitence de son péché. (SKM. III, 98, v.)

LE CHÂTAIGNIER ET LE FIGUIER.

539. — Le châtaignier voyant l’homme sur le figuier pliant ses branches à l’envers, en arrachant les fruits mûrs et les mettant dans sa bouche ouverte, les ouvrant et mangeant à belles dents, agita ses longs rameaux et dit avec un bruissement tumultueux : — Ô figuier, comme la nature t’a moins bien traité que moi ! Vois comme mes doux fils sont préservés, d’abord