Page:Textes choisis (Leonardo da Vinci, transl. Péladan, 1907).djvu/80

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

diminuer la vie ; ainsi le roseau convient pour tenir tels fondements. (R. 1196.)

82. — Si tu dis que la vision empêche l’application de la subtile cogitation mentale qui pénètre dans les divines sciences, et que cet inconvénient conduisit un philosophe à se priver de la vue ; je répondrai que l’œil, comme seigneur des sens, fait son office en s’opposant aux conceptions confuses et menteuses qui ne sont pas des sciences, mais des divagations où on discute à grands cris et à grands gestes. Ce philosophe aurait dû se priver de l’ouïe aussi, sans quoi il restait offensé, puisqu’il voulait l’accord où tous les sens se taisent.

Et si tel philosophe se ferma les yeux pour mieux raisonner, pense que cet acte fut la conséquence de sa cervelle et de ses raisonnements, pour que tout leur fît place. Or, ne pouvait-il fermer les yeux, quand il entra en cette frénésie et les tenir clos, jusqu’à ce que cette fureur se calmât ? Mais l’homme était fou et son raisonnement aussi et stupidement il s’aveugla. (LU. 16.)

83. — La partie tend à se réunir à son tout pour finir son imperfection ; l’âme désire rester avec son corps, parce que sans les instruments organiques de ce corps, elle ne peut ni agir, ni sentir. (C. A. 59, r.)

84. — L’amant se meut par la chose aimée ; comme le sens avec le sensible, entre eux ils