Page:Textes choisis (Leonardo da Vinci, transl. Péladan, 1907).djvu/97

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cela n’est point vrai : — ce contact est une superficie qui entoure son milieu et ce milieu est la résidence du point. Ce point n’est pas de la matière de cette superficie, ni lui, ni aucun point de l’univers. Ils sont en puissance encore qu’ils soient unis — ou bien qu’ils pourraient s’unir — ils ne comprennent aucune partie d’une superficie. Supposé que tu t’imagines un tout composé de mille points qui divisent quelque partie de cette quantité en mille ; on peut bien dire que cette partie sera égale à son tout ; et cela se prouve par le zéro ou rien, la dixième figure de l’arithmétique qui se trace par un 0 pour exprimer le néant. Mais ce 0 placé après l’unité fera dire dix, et si on met deux unités elles se liraient cent, et ainsi indéfiniment le nombre croîtra par dizaines où il s’ajoute ; et lui, en soi, ne vaut pas plus que rien et tous les riens de l’univers sont égaux à un seul rien, quant à leur substance et à leur existence. (LU. 1.)

144. — Nous appelons mécanique la connaissance engendrée par l’expérience et scientifique celle qui commence et finit dans l’esprit, et enfin semi-mécanique celle qui naît de la science et aboutit à l’opération manuelle.

Mais il me paraît que vaines et pleines d’erreur sont les sciences qui ne naissent pas de l’expérience, mère de toute certitude, et qui n’aboutissent pas à une notion expérimentale, c’est-à-dire dont ni leur origine, ni leur milieu,