Page:Tharaud - Dingley.djvu/104

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halte guerrière ? Aucun souci ne troublait la jeunesse de ces cavaliers. L’humidité des villes ne les pourrissait plus, ni les besognes serviles. Que pourraient-ils faire à Londres, à cette heure, ces hommes libres ? Surveiller une machine, additionner des chiffres, s’abrutir dans les tavernes, courir après quelque Vénus coiffée d’un chapeau à plumes vertes ? Où fumeraient-ils avec autant de sérénité leur pipe ? Où videraient-ils avec une plus parfaite insouciance le fond d’un gobelet de whiskey ? Qu’avaient-ils donc de si précieux à leur offrir, les Pacifistes imbéciles qui larmoyaient sur leur sort ? Tous ces gens vivaient ici la vie la plus naturelle à l’homme, d’aventure et de guerre, oublieux des heures qui fuient, pareils à ces Indiens Puri qui n’ont qu’un seul mot pour hier, aujourd’hui et demain.

Dingley éprouvait jusqu’à l’ivresse l’attrait de cette vie primitive ; et tout en regagnant le bivouac, il se disait à lui-même :

« Dans un temps où la littérature n’est plus qu’un sous-produit de la fabrication du