Page:Tharaud - Dingley.djvu/106

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et leur énergie, ce roman où j’exhiberai ce qui dort de vertu profonde dans un cockney de l’East-End, s’offrira comme un puissant réconfort… »

Ce fut à ce moment, dans ce bivouac de hasard, que la nouvelle qui courait depuis des jours après lui sans l’atteindre, le frappa comme une balle perdue, — une nouvelle bien humble, et qui partout ailleurs dans le monde ne pouvait émouvoir personne : son petit garçon malade, sa femme le rappelait auprès d’elle.

Aussitôt il ne vit plus, dans ces solitudes et cette nuit, qu’une bougie allumée au chevet d’un enfant. Ces immenses territoires de l’Orange et du Vaal — terre à colons, mines d’or, champs de diamants, villes possibles — ne représentèrent plus à ses yeux que des lieues et des lieues à franchir, à travers une région bouleversée, où les trains étaient livrés à tous les hasards de la guerre.

Par bonheur, la station de Klipsdrift n’était éloignée que de vingt milles. Il pouvait