Page:Tharaud - Dingley.djvu/139

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le moment du départ uniquement désirable.

Tout le reste de la journée, il erra dans Blœmfontein. Lors d’un précédent voyage, il avait pris plaisir à visiter cette ville, ce village plutôt, avec sa grande rue, large comme une piste de char, et ses voitures aux bâches grises alignées devant le Temple. Aujourd’hui, c’était un camp, une caserne, un hôpital. Les étendards de la Croix-Rouge se mêlaient aux Union-Jack. À chaque pas on rencontrait quelque nurse en robe grise et en tablier blanc. Partout sur cette ville rurale, flottait l’odeur du phénol. Devant l’ancien Parlement de l’État Libre, des soldats convalescents fumaient leurs pipes, sur des pliants, leurs faces pâles et amaigries tournées vers un clergyman qui leur faisait un prône. Dingley s’arrêta pour l’entendre. Le clergyman développait cette pensée :

« Seigneur, nous sommes des instruments dans tes mains. C’est pour toi, c’est pour ton service que, parmi nous, tant d’êtres nobles et jeunes sont tombés. Tu nous