Page:Tharaud - Dingley.djvu/143

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Prétoria, dont on avait négligé de fermer le compteur électrique et qui s’illuminait tous les soirs dans le désert ; et ce troupeau sur lequel les Boers s’exerçaient à tirer au canon et qui sous le feu s’était accru d’une tête, car une vache avait mis bas ; et ce capitaine prisonnier qui devint fou quand on lui enleva sa chemise et ses bottes ; et les déboires de ce lieutenant qui déshonorait le régiment des Scottish-Rifles par une ridicule passion pour le violoncelle ; et l’histoire de ce général attaqué par une autruche, renversé, foulé, piétiné, laissant enfin sa culotte au bec de ce volatile !

Parmi tous ces officiers, le seul qui pût l’intéresser, c’était M. Jesper Colgrave, un chirurgien militaire qu’il avait connu aux Indes, et qui, sentant les regards du romancier fixés sur lui, répondit à son angoisse par cette histoire saugrenue :

— Vous a-t-on raconté, Dingley, l’histoire du Champagne de Buller ? Le Général, vous le savez, ne boit jamais que du Clicquot. Comme on lui volait ses bouteilles, il