Page:Tharaud - Dingley.djvu/153

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divers, Dingley le reconnaissait toujours : c’était le « Petit Rien ». Plus rapide que le vent, il courait à travers le Veld ; il pénétrait dans les fermes, sous les tentes, la nuit et le jour ; il passait les fleuves, les montagnes, renversait les cavaliers, chevauchait les bêtes jusqu’à la mort ; il s’embarquait dans les trains, filait sur les rails lisses ; les wagons sautaient, déraillaient, roulaient au fond des ravines : le « Petit Rien » échappait toujours. Maintenant, il passait le mur, entrait dans la grande allée, s’avançait sous les arbres…

Un cri, un long cri terrifiant, réveilla tout à coup Dingley. Sa femme et le médecin étaient penchés sur Archie qui s’écriait dans son délire :

— Des victoires ! Je veux des victoires ! Il se tut. Un affreux silence. Sa mère respirait sur sa bouche l’horrible odeur de la fièvre. Le médecin eut un de ces gestes auxquels on ne se méprend pas. Alors sentant que toute médecine désormais était vaine et que seul un miracle pouvait sauver