Page:Tharaud - Dingley.djvu/152

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Alors seulement, Dingley comprit que son supplice commençait.

Assis près du lit de son fils et tenant entre ses mains les petites mains brûlantes, il inventa, pour le distraire, des récits merveilleux, qui sont demeurés un secret entre l’enfant et lui.

— Prenez garde de le fatiguer, dit à Dingley le médecin. Sa vie dépend d’un petit rien.

Il dut se résigner à ne plus faire de contes, à résister à ces yeux suppliants où le seul désir de l’entendre semblait retenir la vie. Et quelle histoire au monde aurait pu empêcher que, dans le thermomètre, le liquide d’argent montât vers le terrible, le fatal chiffre 41 ?

« Sa vie dépend d’un petit rien. » Ces mots tournaient comme un manège dans sa tête fatiguée. S’il s’assoupissait un moment, il voyait sur un lourd cheval, à travers une vaste plaine, galoper un petit homme, vêtu de loques écarlates ou couvert d’un manteau sombre. Sous ces déguisements