Page:Tharaud - Dingley.djvu/170

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défense de ses plaines, à tort ou à raison il a vu une magnifique raison de vivre. Il a joué, il a perdu. Qui aurait l’idée de le plaindre ? Je lui donnerai, quelque jour, le seul présent qu’il soit en mon pouvoir de lui offrir : ma pensée dans un vers. Et ses anciens camarades promèneront, en me lisant sous les chênes, la mémoire d’un jeune homme qui eût mérité de naître Anglais. »

Et tout en regagnant la maison, il se disait encore à part lui :

« L’existence réduite à la vie personnelle ou familiale ne vaut pas la peine d’être vécue. Elle ne prend une réelle grandeur que si elle s’accroît de l’orgueil de contribuer à la vie d’un vigoureux ensemble, nation, race ou empire. Sortir de soi-même, oublier ce petit monde que l’on est pour soi, s’humilier et s’agrandir à la fois dans une entreprise qui dépasse et qui exalte les forces de l’individu, là est le secret du bonheur… »

Il trouva, sous la vérandah, sa femme occupée à écrire. Il en fut un peu surpris, car depuis la mort d’Archie le monde était