Page:Tharaud - Dingley.djvu/187

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


continents. Elle compterait dans l’histoire du Sud, la mort de son petit garçon, la petite goutte de sang bue par une terre avide. La tombe d’Archie, pli pareil à ceux qu’un vent léger fait sur le sable, ne serait pas oubliée !


Vers le milieu du voyage, un soir calme, à la nuit tombante, la vigie signala une escadre de guerre en route vers le Sud — vingt navires, masses lointaines, insectes sur la mer, qui portaient l’Angleterre et sa fortune.

Sur chacun de ces points noirs, Dingley savait qu’il y avait tant d’hommes, tant de tourelles, tant de canons ; que toutes les besognes y étaient mesurées ; que du commandant au dernier boulon, hommes et choses avaient partie liée ; que depuis les torpilleurs projetés comme des antennes, jusqu’au croiseur qui fermait la marche, l’escadre formait un seul corps ; que l’espace qui séparait chacune de ces unités était exactement calculé et appartenait à sa vie ;