Page:Tharaud - Dingley.djvu/198

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ce fait. Mais l’heure n’est pas venue de le crier sur les toits. Le public n’est pas mûr pour entendre ces vérités. Et surtout, s’il y a dans notre pays des hommes dont il puisse supporter des critiques, permettez-moi de vous le dire, vous n’êtes pas de ceux-là… Je m’explique, ajouta-t-il sur un geste impatient du romancier. Vous êtes… comment dirai-je ? un héraut, un entraîneur, l’annonciateur, l’enregistreur du succès…

Dingley connaissait cette rengaine — le bât qu’on jette sur l’échine des poètes dès qu’ils se permettent d’agir. Irrité de ces conseils trop sages et qui limitaient son pouvoir, il défendit son article avec l’acharnement particulier à ceux qui ont le sentiment inavoué de commettre une sottise.

— J’ai assez joué de la trompette à la gloire de l’Empire, dit-il avec impatience. Aujourd’hui, je crie casse-cou ! il faudra bien qu’on m’écoute ! Il ne s’agit pas de savoir si mon article pourra déplaire. La question que je pose est de salut public. Et croyez-moi, Adams, un seul individu,