Page:Tharaud - Dingley.djvu/199

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à cette heure, peut dire à ce pays certaines vérités. Cet individu-là, c’est moi.

Le vieux journaliste l’écoutait, surpris de découvrir des illusions aussi niaises chez un homme qui l’intéressait très vivement à l’ordinaire pour son sens aigu des réalités. Non sans un intime dédain, une fois de plus il constatait qu’un artiste s’exagère toujours son action sur les foules et ne se résigne jamais à n’être qu’un amuseur.


Le romancier s’obstina. Son article parut. Il avait cent cinquante lignes. Et ces cent cinquante lignes — exactement mille deux cent quarante mots — suffirent à compromettre une popularité étayée sur vingt volumes, l’œuvre de toute une vie.

La réprobation fut unanime.

Perdre dans une caserne l’énergie de sa jeunesse, tomber au rang d’une France ou d’une Allemagne écrasées sous les charges militaires, c’était plus qu’il n’en fallait pour indigner la marchande et traditionnelle Angleterre. Quelques soldats, quelques