Page:Tharaud - Dingley.djvu/207

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Même silence sur ce désert que dans cette salle aux aguets, où l’on n’entendait d’autre bruit que le crissement du projecteur, et où ne brillait d’autre lumière que les rayons de la lanterne magique.

Un feu de salve crépita dans la coulisse ; les deux bonshommes tombèrent sur le nez ; la salle s’incendia de lumière ; des hurrahs frénétiques et des refrains jingoës emplirent le music-hall, et dans le fracas de l’orchestre qui déchaînait en furie l’air fameux :


En avant, soldats de la Reine,
Pour l’Angleterre et pour l’Empire !
Nous serons les maîtres du monde !


le romancier prit conscience que, par son enthousiasme, la foule donnait une approbation manifeste à sa patriotique ingratitude envers l’Afrikander insurgé.

Le jour où, dans le parc de Dossieclipp, sacrifiant un mouvement de reconnaissance personnelle à l’intérêt de l’Empire, il avait fermé l’oreille aux sollicitations d’une femme,