Page:Tharaud - Dingley.djvu/23

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autour de lui, le service de la Reine.

— Gentlemen, criait le soldat, vous n’êtes pas nés fils de pairs ! Mais le Gouvernement a l’œil sur vous ! Ici, vous mourez de faim et de soif ! Au Cap, de bons bifteacks, de bon whiskey, et la gloire ! Avis à la belle jeunesse ! On trouve dans les Rangers et les Scouts une élégance que vous ne verrez à aucune armée du monde, un service aussi doux qu’agréable, une subordination qui s’accorde parfaitement avec la légèreté des armes. Déjeuner du matin au thé et à la marmelade, tranches de jambon et corned beef ; baignades, foot-ball et cricket ; du confort et des loisirs ! Qui veut entrer dans les Scouts ?…

Un triste cockney s’avança — un de ces voyous de l’East-End, de cette caste avilie, sans discipline ni courage, sans loi, sans morale, sans métier, tristes bêtes humaines, chiens errants du quartier des docks, hôtes faméliques des sordides slums et de ces bizarres refuges où l’on achète, pour un penny, le droit de dormir pendant huit heures, le front sur une corde.