Page:Tharaud - Dingley.djvu/58

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sa ferme un produit bien venu, celui-là, il n’est pas de notre sang, mais il a respiré le bon air de chez nous. Entre les bonnes vieilles pierres d’Oxford, sous les bons vieux chênes de la Tamise, il est devenu ce que nous faisons de mieux, un bel animal puissant et net, qui ne sent pas le papier moisi, comme les cuistres teutons, ni l’usure précoce de la vie, comme ce bavard de Français. Oui vraiment, un bel animal, et qui est bien de notre jungle !

À l’Europe exaspérée par la volonté britannique de régenter l’univers, et qui braillait hypocritement contre la guerre du Sud-Afrique, il aurait voulu exhiber ce superbe échantillon. C’était pour produire par le monde un type d’humanité pareil à ce garçon-là, pour le tirer à des milliers et des milliers d’exemplaires, que depuis trois siècles l’Angleterre était sortie de son île, que ses grands coureurs de mer avaient essaimé partout, que partout ils avaient bâti des ports, des jetées, des phares, des escadres, des cités, édifié des Empire Indien,