Page:Tharaud - Dingley.djvu/66

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l’Afrique comme avec une règle, deux peuples luttent. Les connais-tu, Voyageur ?

L’un d’eux s’enorgueillit de son ignorance et de sa rudesse. Inhospitalier, inculte et bigot, il vit dans ses vastes plaines, au milieu de ses troupeaux à peine moins sauvages que lui. Emporte ses chevaux et ses bœufs, il n ’aura plus de raison de vivre.

L’autre est le peuple le plus fortuné du monde. Tu peux lui prendre toutes ses richesses, tu ne le dépouilleras pas. Mais si tu lui ravis l’action et le rêve, que les câbles qui ancrent au fond des eaux la verte Angleterre se brisent, que l’Océan emporte notre île à la dérive et l’engloutisse dans les vagues déchaînées ! Il ne nous reste plus qu’à mourir.