Page:Tharaud - Dingley.djvu/75

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


faisait prix pour quelque lointain voyage avec le capitaine d’un voilier.


En arrivant sur le front de l’armée, il éprouva la déception la plus vive. L’ennemi fuyait sans combattre devant les troupes de lord Roberts ; Prétoria allait être prise ; on télégraphiait à Londres que d’ici une semaine la campagne serait terminée.

— Diable ! diable ! se disait-il avec un désespoir comique, voilà que le bal est fini ! Magnifique occasion perdue de voir enfin autre chose que des mitraillades de jaunes, de nègres ou de cuivrés. Des blancs contre des blancs, cela ne se voit plus tous les jours !

Mais, il fut bientôt rassuré.

Avant d’abandonner pour toujours sa capitale, le vieux président Krüger avait convoqué ses fidèles dans le temple calviniste du faubourg nord de la ville. Au milieu d’un recueillement profond, le vieillard monta dans la chaire, de son pas puissant