Page:Tharaud - Dingley.djvu/76

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et lourd. Il fit le signe de la croix, appuya les mains sur ses cuisses, et penché sur son auditoire, commença lentement, avec une grande douceur :

— Citoyens, mes amis, mes frères…

Puis après un temps de silence, penchant toujours la tête davantage, comme s’il eût voulu leur parler à l’oreille :

— Vous êtes tous des lâches ! dit-il.

Et d’une voix éclatante, dans une de ces improvisations où le souffle de Dieu semblait vraiment l’animer, il lança l’imprécation sur son peuple et fit honte à tous ces gens de désespérer du Seigneur et de fuir comme Israël devant les Amalécites.

Dehors, le Général Botha attendait à cheval que le prêche fut fini. À mesure que les gens sortaient du temple, il les désignait du doigt. À l’un, il disait : « Viens ici. » À l’autre : « Tu peux t’en aller. »

Deux jours plus tard, l’armée de Lord Roberts faisait son entrée à Prétoria. Mais une guerre nouvelle se propageait dans tout le Veld, comme un immense incendie. Les