Page:Tharaud - Dingley.djvu/93

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


avec insouciance ; que la distance, les communications difficiles, le télégraphe coupé, les étendues désertes, l’incertitude des mouvements des troupes, tout conspirait à le tenir dans une affreuse ignorance, et que son fils pouvait mourir sans qu’il en fût averti. Les mots ne sauraient exprimer la détresse de Mistress Dingley, au fond de cette maison étrangère, où rien ne lui témoignait l’amitié que notre pays et les demeures qui nous sont familières savent nous montrer dans le chagrin. La vue des choses que nous avons connues de tout temps à leur place, toujours pareilles à elles-mêmes et dont nos peines ne troublent point l’ordre, nous soutient, nous réconforte ; elles semblent nous assurer que notre vie est comme elles à l’abri de tout changement ; mais sous un toit de fortune leur compagnie n’est plus là pour nous défendre, et l’on se voit à la merci de toutes les traîtrises du sort.

Enfin une lettre arriva.


« Imaginez, écrivait Dingley, un amphi -