Page:Tharaud - Dingley.djvu/94

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théâtre de collines ; sur ces collines placez nos troupes, des canons, d’honnêtes maxims ; et au fond de l’immense demi-cercle, des bœufs, des chevaux et des hommes : De Wett et tout son commando.

« Depuis plus d’une semaine, le Royal Berkshire, les Highlanders de Cameron, les Écossais Gris, l’infanterie légère du duc de Cornouailles et la brigade Garland le poussaient, lui et ses gens, vers cette passe étroite comme un goulot de bouteille, et que dominent deux promontoires semblables aux pinces d’une tenaille ouverte. J’étais sur un des promontoires, au-dessus de l’averse de shrapnells et des nuages de fumée qui s’élevait du Veld, dont l’ennemi avait allumé les herbes pour dissimuler ses mouvements. De là, je guettais la minute où le commando éperdu irait s’abîmer, dans sa fuite, sur les ronces artificielles que nous avions tendues entre les deux collines, comme un filet d’acier.

« Vous me voyez là-haut, pareil à un dieu sur ses nuées, ou plutôt à un placide baigneur qui regarde venir la vague et attend