Page:Thibaudet - La Poésie de Stéphane Mallarmé.djvu/83

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Et Pyrame dans la tragédie de Théophile s’écrie :

Voyez comme ce marbre est fendu de pitié,
Et qu’à notre douleur le sein de ces murailles
Pour receler nos feux s’entr’ouvre les entrailles.

Dans cet embryon, l’on peut reconnaître déjà le sens des correspondances qui fera le lyrisme moderne, la poursuite des rapports qui hantera obstinément Mallarmé. Mais alors il faudra que la poésie substitue à ces intentions particulières qui sont ternes, prosaïques et lourdes, la subtilité et la souplesse d’une harmonie générale entre la nature et l’homme, le jeu ondoyant des analogies spontanées, voilées. Ainsi le génie précieux de Mallarmé est comme drainé par l’ironie et l’analogie, qui modèlent sa pente selon un dessin plus général, et la raccordent à un ensemble plus vaste de paysage humain.