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avant l’amour

Il ferma la porte derrière sa mère et s’avança vers moi, les mains tendues :

— Marion, tu ne me félicites pas ? Je suis libre maintenant, comprends-tu ?… Je suis libre. Personne ne nous sépare… Tu seras ma femme dans trois mois.

— Ta femme !

— À moins que tu ne préfères être tout de suite ma maîtresse chérie.

Je gardai le silence. Une inquiétude effleura son esprit.

— Je t’ai laissé le temps de te recueillir… J’ai respecté ton deuil filial… Si tu m’aimes…

Je le regardai. Que vit-il dans mes yeux désolés et résolus ? Ce fut comme un vent d’angoisse qui l’effleura. Son regard se durcit. Sa voix sonna plus haut :

— Tu dois m’aimer… tu ne peux pas ne pas m’aimer… surtout maintenant que j’ai fait selon ta volonté ? Réponds, tu es à moi, tu m’aimes ?

— Hélas ! dis-je, je ne sais plus. Accorde-moi encore quelque temps.