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avant l’amour

sonnèrent. Il ne se retirait pas, malgré les bâillements de ma marraine tourmentée par le sommeil. Je compris qu’il attendait le moment où nous resterions seuls.

Madame Gannerault, fatiguée, se leva pour se retirer. Maxime lui dit, câlinement :

— Tu permets que je reste une minute encore ?… Je suis surexcité et vibrant. Il me serait impossible de dormir… Si Marianne n’est point trop lasse, je lui tiendrai compagnie un moment.

— Ah ! tu n’es jamais de trop ici, mon Max. Pourquoi ne veux-tu pas demeurer avec nous ?

— Qui sait ?… Je m’y déciderai peut-être.

— Ce serait gentil. Allons, bonsoir.

J’étais debout devant la cheminée. Un grand miroir de Venise reflétait mon visage que l’attente, l’angoisse et la fermeté d’une résolution suprême pâlissaient. Ma robe noire tombait en longs plis funèbres et, sous mes cheveux sombres, je semblais le vivant symbole du Deuil.

Maxime se méprit à cette hautaine tristesse.