Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/229

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Férapontov courut dans la cour.

La rue ne désemplissait pas ; des soldats passaient sans cesse, de sorte qu’Alpatitch ne pouvait avancer et devait attendre. La femme de Férapontov, avec ses enfants, était assise sur un chariot, attendant qu’on pût sortir.

Il faisait déjà tout à fait nuit. Le ciel était étoilé, la lune, de temps en temps, disparaissait sous la fumée. À la descente vers le Dniéper, la voiture d’Alpatitch et celle de la patronne, qui avançaient lentement entre les rangs des soldats et des autres voitures, durent s’arrêter. Dans une rue voisine du carrefour où ils s’arrêtèrent, une maison et une boutique brûlaient. L’incendie tirait à sa fin. La flamme tantôt diminuait et disparaissait dans la fumée noire, tantôt brillait soudain en éclairant jusqu’au fantastique les visages des hommes groupés sur le carrefour.

Devant l’incendie passaient les figures noires, et, à travers le bruit incessant du feu, on entendait des conversations et des cris. Alpatitch qui était descendu de chariot, voyant que de longtemps on ne pourrait passer, tourna dans la rue pour voir le feu. Des soldats allaient et venaient devant l’incendie et Alpatitch vit deux soldats et avec eux un homme en manteau de frise qui traînaient de l’incendie, à travers la rue, dans une cour voisine, des bûches brûlées. D’autres portaient des tas de foin.