Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/245

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VI

Parmi les innombrables subdivisions qu’on peut établir dans les phénomènes de la vie, il en est de telles où prédomine le fond, d’autres, où prédomine la forme. De ce point de vue, on peut opposer la vie à la campagne, au district, en province et même à Moscou, à la vie de Pétersbourg et surtout à la vie de salon. Cette vie est immuable. Depuis 1805, nous nous étions réconciliés et querellés avec Bonaparte, nous avions fait et défait une constitution, mais le salon d’Anna Pavlovna et celui d’Hélène étaient juste les mêmes qu’ils étaient l’un sept ans, l’autre cinq ans auparavant. Chez Anna Pavlovna, on parlait avec le même étonnement des succès de Bonaparte, et l’on voyait en eux ainsi que dans l’accord des empereurs européens avec lui, une conjuration malsaine dont l’unique but était le désagrément et l’inquiétude de ce cercle de la cour, dont Anna Pavlovna était la représen-