Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/282

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— Tous se sont enivrés, Iakov Alpatitch. On a apporté un autre tonneau.

— Alors écoute : moi j’irai chez le chef de police et toi, annonce aux paysans qu’ils laissent cela et qu’ils donnent les chariots.

— J’obéis.

Iakov Alpatitch n’insista plus ; il dirigeait depuis longtemps des paysans et il savait que le meilleur moyen pour qu’ils obéissent, c’était de ne pas leur laisser voir de doute en leur obéissance. Ayant obtenu de Drone le docile « j’obéis », Iakov Alpatitch s’en contenta, bien qu’il fût presque sûr que, sans l’aide de la troupe, les chariots ne seraient pas fournis.

En effet, le soir, les chariots n’étaient pas prêts. Au village, près du débit, il y avait eu une assemblée et on y avait décidé de chasser les chevaux dans les bois et de ne pas donner de chariots. Sans en parler à la princesse, Alpatitch ordonna de décharger ses propres bagages qui arrivaient de Lissia-Gorï et de prendre les chevaux pour la voiture de la princesse, et lui-même partit chez les autorités.