Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/297

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— Eh quoi ! faut-il que nous quittions tout ? — Nous ne sommes pas d’accord… Nous n’y consentons pas. — Nous te plaignons, mais nous ne voulons pas, nous ne donnerons pas. — Fais toi-même, — entendait-on de divers côtés de la foule.

Et de nouveau, sur tous les visages de cette foule se montrait la même expression, mais maintenant ce n’était sûrement pas une expression de curiosité et de reconnaissance, mais l’expression d’une décision furieuse.

— Vous n’avez sans doute pas compris, objecta la princesse Marie, avec un sourire triste. — Pourquoi ne voulez-vous pas partir ? Je vous promets de vous installer, de vous nourrir, et ici, l’ennemi vous ruinera…

Mais les voix de la foule étouffèrent sa voix.

— Nous ne consentons pas ! Qu’il nous ruine ! Nous n’acceptons pas ton blé ! Nous ne consentons pas !

La princesse Marie tâchait de nouveau de saisir un regard de la foule, mais pas un seul n’était fixé sur elle. Les yeux l’évitaient évidemment. Elle se sentit gênée, mal à l’aise.

— Et voilà ! Elle a proposé habilement. Va derrière elle et dans la forteresse ! Ruine la maison et va à la corvée ! Comment donc ! Moi je vous donnerai du blé ! disaient des voix dans la foule.

La princesse Marie, en baissant la tête gravit le